Archives pour la catégorie Consommation et Epargne

Le surendettement

[ Les Echos 05/05/09  - 03H30  ]

Le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France a atteint un sommet en mars : 21.747 demandes ont été enregistrées en commission, le niveau le plus élevé depuis la création des commissions de surendettement en 1990. En février déjà, le nombre de dossiers s’est élevé à 20.225. Il faut remonter à mars 2004 pour que la barre des 20.000 soit dépassée. Depuis le début de l’année, les dépôts se sont accrus de 16 % et sur un an de 8 %. En moyenne, les ménages sont endettés à hauteur de 39.500 euros. Le crédit immobilier n’est à l’origine que de 9 % des dossiers déposés en commissions. Mais dans ces cas, les ménages présentent un endettement moyen de 80.200 euros. Dans les autres dossiers, il s’agit de crédit à la consommation. 85 % des demandes de traitement comprennent des crédits renouvelables ou permanents et des réserves de crédit. L’endettement est alors le plus élevé, avec 19.900 euros d’engagements. 54 % des dossiers sont liés à des prêts personnels ou des crédits affectés. Les engagements des ménages s’élèvent alors à 17.600 euros. La procédure de rétablissement personnel, qui permet un effacement des dettes de l’emprunteur, a bénéficié et 130.000 ménages depuis son existence. Depuis un an, elle a marqué un cap en dépassant la barre des 30.000 (35.064 dossiers) et bénéficiant à 22 % des demandeurs. Au total, le nombre de ménages qui ont bénéficié ou sont sur le point d’obtenir une mesure visant à remédier à leur état de surendettement est aujourd’hui d’environ 726.000.

Les classes moyennes

Pour le Credoc, les classes moyennes rassemblent 50 % de la population ; elles gagnent entre 1 120 et 2 600 euros par mois avant impôt ; 30 % de cette catégorie diposant d’un revenu mensuel se situant en dessous de 1 750 euros pour une personne seule constituent les classes moyennes inférieures, coeur de cible de M. Sarkozy. Au-dessus, les catégories aisées représentent 10 % de la population et les hauts revenus 10 %. Au-dessous, 20 % sont dites « modestes » et 10 % (moins de 780 euros par mois) « pauvres ».

Cette étude récuse ainsi l’idée d’une « paupérisation » - même si nombre d’indicateurs vont dans le sens d’un appauvrissement – en soulignant que, sur les trente dernières années, le pouvoir d’achat a progressé – de 83 % entre 1970 et 2004 -, au point que le niveau de vie de cette catégorie a presque doublé. Mieux : à l’opposé du déclin observé aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, les classes moyennes se sont développées, passant de 47,9 % de la population en 1981 à 52,1 % en 2000.

« Sous pression », selon la formule du Credoc, les classes moyennes connaissent pourtant un lourd désenchantement qui tient en un chiffre : une personne sur deux vit, une fois que ses impôts ont été payés, avec 1 467 euros par mois. Sur cette somme, 38 % (21 % en 1979) sont consacrés aux « dépenses contraintes » (loyer et charges, eau, gaz, électricité, téléphone, assurances), et d’autres frais incontournables, comme l’alimentation, le transport, l’éducation et la santé, représentent en moyenne 615 euros. Une fois ces prélèvements effectués, il ne reste, selon le Credoc, que 294 euros par mois pour les loisirs, les vacances, l’habillement, l’équipement et, si cette marge étroite le permet, l’épargne…

Conséquence : en 2008, parmi ces classes moyennes ayant un « budget médian », 48 % ne sont pas partis en vacances, 37 % se sont privés de cinéma et, précise encore le Credoc, « 34 % n’ont pas de voiture, 50 % n’ont pas accès à Internet à domicile, 40 % n’ont pas de produit d’épargne liquide ».

En comparaison, entre 1979 et 2005, le poids des « dépenses contraintes » est passé de 19 % à 29 % pour les catégories aisées et de 24 % à 48 % pour les catégories pauvres. Une fois réglées les dépenses incompressibles, il reste aux 10 % les plus riches 1 474 euros par mois – soit l’équivalent du « budget médian » d’une personne appartenant à la classe moyenne – pour les vacances, l’habillement, l’équipement ménager et l’épargne. Quant aux 10 % les plus pauvres, ils gardent en poche 80 euros…

Avec la sévère récession qui s’annonce pour 2009, la pire depuis la Libération, les classes moyennes et les revenus modestes vont figurer au premier rang des victimes de la crise. Le regain d’inflation en 2007 et 2008 a « sans doute joué un rôle déterminant dans l’impression de perte de pouvoir d’achat des classes moyennes ».

L’envolée du pétrole, le renchérissement des denrées alimentaires et la hausse soutenue des loyers (+ 3,4 % par an durant les vingt dernières années) ont durement pénalisé les classes moyennes et les couches populaires, parce qu’elles consacrent une part « proportionnellement plus importante dans leur budget » aux dépenses de logement, d’alimentation et d’énergie. En revanche, selon le Credoc, seules les catégories aisées – qui ont « davantage bénéficié des baisses d’impôt direct ces dernières années »« semblent avoir été épargnées par l’inflation récente ».

Le temps des restrictions semble s’imposer avec une force comparable à celle de la progression des inégalités. Selon le Credoc, en 2008, 72 % des classes moyennes « inférieures » « déclarent devoir s’imposer régulièrement des restrictions sur certains postes de leur budget », contre 64 % en 1980. Pour les catégories modestes, le pourcentage passe de 71 % à 80 % et, pour les catégories pauvres, il est quasiment stable (de 73 % à 75 %). A l’opposé, les titulaires de hauts revenus ne sont que 29 % à s’imposer des restrictions, contre 40 % en 1980. Depuis trente ans, l’amélioration générale du confort des habitations explique aussi la hausse du coût du logement.

Autre signal inquiétant que souligne le Credoc : « l’éloignement de la perspective d’une ascension sociale ». En prenant en compte le rythme actuel de hausse du pouvoir d’achat, il faudra trente-deux années aux classes moyennes pour « atteindre le niveau de vie des catégories aisées ». Dans les années 1960, au temps des « trente glorieuses », la perspective pour espérer le seuil du dessus était de onze années. L’ascenseur social reste en panne. Et la crise risque de sinistrer davantage ce paysage, rendant les inégalités plus douloureuses.

 


Courriel : noblecourt@lemonde.fr. Le monde 8/3/2009

 

 

Epargne: pourquoi les escroqueries marchent?

Quant aux ressorts humains, ils sont rigoureusement les mêmes depuis le jour où la liste des 7 péchés capitaux a été dressée. Ces défauts mortels sont la gourmandise, la paresse, l’envie, l’orgueil, l’avarice, la luxure et la colère.
1 – La gourmandise et la paresse

En l’occurrence, n’est-ce pas la gourmandise associée à la paresse qui ont incité les premiers clients de Bernard Madoff à s’enrichir plus que la normale ? Il aurait quand même fallu prendre la peine d’élucider le mystère de cette régularité de métronome. Quelle que soit la conjoncture, les fonds du « génial » gérant affichaient toujours un taux de rendement de 10,1 %. Mais, puisque l’argent rentrait, à quoi bon se fatiguer les neurones !
Quant à la rentabilité annoncée, il doit s’agir là d’un chiffre magique, car c’est exactement la performance que promettait en son temps une autre escroquerie de belle facture : celle de la garantie foncière.
A la fin des années 1960, à Paris, une société civile récoltait l’argent des épargnants avec ce même taux affiché en exergue. Toujours la même barre psychologique des deux chiffres, assortie d’un petit chiffre derrière la virgule, histoire de donner une précision scientifique à une argumentation fantaisiste. Lorsque le scandale éclate, en février 1970, cette « promesse » de rendement est tout simplement trop belle pour être vraie.
Certes, l’inflation s’est réveillée, mais elle n’est pas encore à deux chiffres. Bien sûr, la pierre apparaît comme un refuge contre l’érosion des prix. Mais avec une telle rentabilité, c’est la performance sans les risques. Bref, le mouton à cinq pattes. D’ailleurs, c’est une enquête du Bureau de vérification de la publicité qui déclenchera le séisme… et fera émerger l’un des plus gros scandales politico-financiers de la Ve République. Car de quoi s’agissait-il en fait ? D’un énorme détournement d’épargne.
L’argent des particuliers devait servir à acheter des immeubles destinés à être mis en location. Les loyers perçus devaient ensuite honorer la promesse de rendements. C’était le mécanisme de la SCPI en quelque sorte. Mais comme ce schéma était encore peu connu à l’époque, pour donner une preuve de sa fiabilité, une conscience morale avait été placée à la tête du conseil de surveillance, en la personne d’un député UDR de Paris, M. Rives-Henry, grand ami à l’époque de Jacques Chaban-Delmas.
L’ennui, c’est que l’organisme démarcheur d’épargne et la société de gestion ne formaient qu’un trio de mêmes personnes, les sieurs Frenkel, Rochenoir et Delarue. Or ces derniers revendaient très cher à la société chargée de veiller aux intérêts des épargnants les immeubles qu’eux-mêmes avaient achetés à bas prix. La plus-value allait directement dans leurs caisses personnelles. Tous trois ont été condamnés en 1974 à trente mois de prison.
2 – L’envie et l’orgueil

« Il n’y en aura pas pour tout le monde ! » Avec cette petite phrase, les rabatteurs de Bernard Madoff étaient certains d’atteindre à tous les coups le mille de leurs cibles favorites : les fortunes habituées à figurer parmi les « happy few ». Une forme dérivée de la duperie consistait à laisser entendre aux futurs pigeons qu’ils ne seraient pas forcément retenus. Ou en tout cas, « qu’ils devraient patienter au moins six mois », comme le note Fabrice Rémon, président de Deminor, société spécialisée dans la défense des épargnants et actionnaires minoritaires. Ces deux avertissements avaient le don de réveiller deux mauvais sentiments chez les particuliers menacés d’être évincés. L’envie d’abord : pourquoi eux ? Comment se fait-il qu’ils soient les seuls à bénéficier des meilleures performances et pas moi. Puis l’orgueil : on ne me juge pas assez riche, ou assez digne d’appartenir à l’élite ? Ils vont voir ce qu’ils vont voir : je vais placer deux fois plus d’argent qu’eux sur ces fonds.
Mais, depuis Esope et La Fontaine, cette technique est bien connue. Elle consiste, tel le renard, à flatter le corbeau pour qu’il ouvre son large bec et lâche enfin sa proie. Du reste, c’est exactement ainsi que procèdent les escrocs en province : ils commencent par amadouer le maire et les principaux notables. Forts de ces témoignages, Ils font ensuite souscrire la riche veuve, le commerçant et le retraité rentier. Quand ils ont fini de plumer les volatiles, ils s’envolent exercer leurs talents dans la localité voisine.
3 – L’avarice et la luxure

Ces désagréments seraient-ils survenus si des investisseurs privés avaient bien voulu se donner les moyens de vérifier que les objectifs annoncés de performance étaient tout simplement atteignables ? Mais on ne peut pas tout obtenir si l’on ne donne pas un peu. L’avarice est souvent prise en flagrant délit lorsque l’avidité commande tous les autres sentiments. La luxure, en l’occurrence, n’a pas à être invoquée. Les particuliers faisaient ensuite ce qu’ils voulaient de l’argent qu’ils pensaient avoir gagné.
4 – La colère

Mais la colère, elle, mérite d’être détaillée. Car c’est généralement ce qui reste quand on a tout perdu. Or, est-ce vraiment un péché de la laisser éclater quand on découvre que l’on s’est fait confisquer le produit des efforts d’une vie, par la faute d’un tiers ? C’est que, dans l’affaire Madoff, les semaines à venir vont montrer qu’elle impacte bien plus de personnes qu’on ne le dit, et pas seulement des familles riches. Des particuliers se sont laissé entraîner par leurs banques qui, elles-mêmes, n’avaient légitimement pas de raisons de se méfier de fonds officiellement audités, crédités de surcroît des meilleures performances.
La question, maintenant, est de savoir combien d’affaires Madoff restent à découvrir.
5 – Les leçons de l’histoire

Une corrélation troublante est en effet mise en évidence par l’économiste et historien, Michel Lutfalla. Selon lui, les bulles sont les alliées objectives des escrocs. « La facilité apparente avec laquelle on semble pouvoir s’enrichir rend le public toujours plus apte à accepter des propositions qui, en temps normal, lui auraient mis la puce à l’oreille. La survenance d’escroqueries est le signe, à la fois, que la bulle est dangereusement soufflée et, par conséquent, que l’on approche de la fin. »
Cette grille de lecture séduit intellectuellement. Mais elle donne aussitôt des sueurs froides. Car Michel Lutfalla exhume un fait historique souvent passé sous silence : « Il semble que l’on ait oublié que le Jeudi noir de 1929 a été formellement déclenché quelques jours plus tôt par l’annonce de la faillite du groupe britannique Hatry, lequel avait falsifié des certificats d’actions. » Bien sûr, l’économie mondiale avait accumulé de nombreuses sources de déséquilibre. Cette arnaque a été la goutte d’eau… qui provoqua l’inondation. Quelle leçon en tirer cette fois pour l’affaire Madoff ?
FRANÇOIS LE BRUN

L’EPARGNE : exercice

Exercice
1 Qu’est ce que l’épargne
2 Pourquoi épargne t on
3 Dans le tableau suivant : que représente les chiffres de la première colonne : exemple
200001,200002,200003, 200004
4 Commentez les variations du taux d’épargne (14,5 et suivants) indiquées ci dessous (source INSEE):

2000001 14,5
2000002 14,6
2000003 14,5
2000004 16,4
2001001 15,6
2001002 15
2001003 15,8
2001004 16,4
2002001 16,7
2002002 16,7
2002003 16,1
2002004 17,7
2003001 15,6
2003002 15,8
2003003 15,6
2003004 16,1
2004001 15,5
2004002 16
2004003 16,2
2004004 15,6
2005001 14,9
2005002 15,2
2005003 14,8
2005004 14,9
2006001 14,3
2006002 14,9
2006003 15,1
2006004 15,8
2007001 15,8
2007002 15,7
2007003 15,7
2007004 15,8
2008001 15,9
2008002 15,6
2008003 15,4

Les lois d’Engel

Ernst Engel, économiste et statisticien allemand (à ne pas confondre avec Engels, le philosophe, ami de Karl Marx) observait, dès 1857, l’évolution des dépenses de consommation en fonction du niveau de revenu.

Les lois d’Engel énoncent comment se modifie la structure de la consommation lorsque le revenu d’un ménage augmente :
Première loi : la part du revenu affectée aux dépenses d’alimentation est d’autant plus faible que le revenu est élevé.
Deuxième loi : la part affectée aux dépenses de vêtements, logement, chauffage et éclairage est sensiblement identique, quel que soit l’importance du revenu.
Troisième loi : la part affectée aux besoins d’éducation, santé, voyage, augmente plus vite que le revenu.
Chacun peut observer, avec la première loi, que si un ménage dispose d’un revenu très faible, l’essentiel de ses dépenses est consacré aux dépenses alimentaires et de première nécessité (vêtements, logement). Ainsi pour un smicard ou un RMiste, il est important d’assurer tout d’abord la couverture des besoins primaires. Et il reste peu d’argent à dépenser pour d’autres types de dépenses moins importantes.

A l’inverse, un ménage aisé dont les revenus sont confortables, dépensera certes une somme plus importante pour l’alimentation, le logement et l’habillement mais cette somme comparée à l’ensemble des dépenses de consommation représente une faible part du revenu (le coefficient budgétaire est plus faible). Le reste est utilisé pour assurer d’autres consommations pour améliorer le confort au quotidien (sorties, voyages, culture, santé, nouvelle voiture, logement spacieux et confortable). La quantité étant largement satisfaite, le ménage plus aisé recherchera la qualité des produits : produits plus frais, viande de qualité certifiée, produits exotiques, primeurs toute l’année.
On constate qu’au cours des 50 dernières années, avec l’évolution du niveau de vie et des revenus, la part de l’alimentation a considérablement diminué dans nos budgets familiaux. En revanche, dans le même temps, la part des dépenses d’éducation, de santé, de loisir a fortement augmenté.

L’élasticité

De manière générale, l’élasticité est la qualité d’un objet à être déformable tout en reprenant sa forme d’origine lorsque la contrainte qu’on lui applique disparait.
L’élasticité a des significations dans deux domaines différents : l’économie et la physique.
L’élasticité de la demande est un concept économique qui permet de mesurer le degré de sensibilité de la demande aux variations de prix (« élasticité-prix ») ou des revenus (« élasticité-revenu »).
Élasticité-prix

L’élasticité-prix est définie comme le rapport entre la variation relative de la demande d’un bien et la variation relative du prix de ce bien. Ce rapport est généralement négatif car lorsque le prix augmente, la quantité demandée diminue et réciproquement. (Q = Quantité, P = Prix)
.
On peut distinguer trois cas particuliers :
Quand l’élasticité est nulle, la demande ne varie pas quand le prix varie. La demande reste inchangée quel que soit le prix. C’est notamment le cas des produits de première nécessité : bien que le prix augmente, la consommation se maintient car il existe peu de produits de substitution. Lorsque le prix baisse, la demande n’augmente pas nécessairement. L’effet peut être accentué s’il n’existe pas de produit de substitution (exemple : les pâtes remplacées par le riz ou la pomme-de-terre). Une élasticité nulle à court terme peut toutefois s’avérer non nulle à long terme, car l’augmentation des prix peut pousser à la recherche de nouveaux produits de substitution. Le pétrole, par exemple, est un bien non substituable à court terme mais, sur le long terme, l’augmentation de son prix peut favoriser l’exploitation de nouvelles sources d’énergie.
Quand l’élasticité est forte, un petit changement de prix entraîne un grand changement de demande. C’est par exemple le cas des produits de mode dont les ventes s’effondrent en période de crise et décuplent en période de croissance.
Quand l’élasticité est positive, la demande augmente avec le prix, ce qui est paradoxal. On peut alors distinguer deux types :
Un bien de Giffen (d’après Robert Giffen) est un type de bien de première nécessité (exemple : le pain) ; lorsque son prix augmente, cela réduit assez fortement le pouvoir d’achat des consommateurs pour les forcer, pour équilibrer leur budget, à renoncer à d’autres biens de substitution plus coûteux (ex : la viande) et à reporter leur demande sur le premier produit.
Un bien de Veblen (d’après Thorstein Veblen) est un type de bien de luxe (ex : le parfum) ; lorsqu’il n’est « pas assez cher » (c’est-à-dire que son prix ne reflète pas son positionnement haut de gamme) sa demande est faible (soit car la qualité perçue est inférieure, soit parce qu’il n’est plus un symbole de statut). Lorsque son prix augmente, sa demande augmente aussi et on parle alors d’effet Veblen ou d’effet de démonstration.
Les économistes définissent également la notion d’élasticité-prix croisée. Elle se définit comme le rapport entre le pourcentage de variation de la quantité demandée de bien A et le pourcentage de variation du prix d’un bien B. Les biens A et B étant des biens dit de substitution ou des biens dit complémentaires.
Une élasticité croisée positive signifie que l’augmentation du prix d’un bien entraîne l’augmentation de la demande d’un autre bien. Les deux biens sont donc substituables. Par exemple, l’augmentation du prix du ticket de cinéma augmente la demande en lecteur DVD.
Une élasticité croisée négative signifie que l’augmentation du prix d’un bien entraîne la diminution de la demande d’un autre bien. Les deux biens sont alors dits complémentaires. Par exemple, l’augmentation des prix des lecteurs DVD entraîne une diminution de la demande de DVD.
Une élasticité croisée nulle signifie que les deux biens sont indépendants.
Il faut ajouter que la notion d’élasticité-prix croisée est particulièrement utile en matière de politique de la concurrence. Pour déterminer l’étendue d’un marché et déterminer si une entreprise est en situation d’abus de position dominante, il est en effet nécessaire de voir jusqu’à quel point différents produits sont substituables (ex. Coca et Pepsi). La notion d’élasticité prix croisée est alors utile pour déterminer si deux biens appartiennent au même marché, et si les autorités de la concurrence doivent déclencher une action.
Élasticité-revenu [modifier]

L’élasticité de la demande par rapport au revenu est définie comme le rapport entre le pourcentage de variation de la demande d’un bien et le pourcentage de variation du revenu. Elle mesure l’impact d’une variation du revenu d’un consommateur sur sa demande pour un bien particulier.
Comme tous les biens n’ont pas la même élasticité-revenu, l’augmentation du revenu change la structure de la consommation. On peut distinguer trois catégories de biens :
les biens inférieurs : la demande d’un consommateur en ce bien diminue quand son revenu augmente (élasticité-revenu négative). Il s’agit de biens de mauvaise qualité auxquels les consommateurs préfèrent substituer de nouveaux biens lorsque leur revenu le permet. C’est le cas de certains produits alimentaires tels que le pain ou les pommes de terre.
les biens normaux : la demande d’un consommateur en ce bien augmente quand son revenu augmente dans une proportion inférieure ou égale à 1 (élasticité-revenu comprise entre 0 et 1). On parle également de biens nécessaires. C’est le cas de la nourriture (prise dans son ensemble).
les biens supérieurs ou biens de luxe : la demande d’un consommateur en ce bien augmente de façon plus rapide que son revenu (élasticité-revenu strictement supérieure à 1). C’est le cas des biens culturels.
Cette classification a été définie pour la première fois par Ernst Engel.

La consommation en France (Insee) . Analyse de document.

Exercice
1 Définir la consommation
2 Rappeler l’équation reliant le revenu, la consommation et l’épargne
3 Donner une définition de l’inflation, comment est elle mesurée
4 Rappeler la définition d’ »euros courants » et d’ »euros constants »
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L’indice des prix à la consommation (IPC) est l’instrument de mesure de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. C’est une mesure synthétique de l’évolution de prix des produits, à qualité constante.

L’indice des prix à la consommation (IPC) joue un triple rôle :

- économique : il permet de suivre, mois par mois, l’inflation. L’IPC est également utilisé comme déflateur de nombreux agrégats économiques (consommation, revenus…) pour calculer des évolutions en volume, ou en termes réels (« en euros constants »)_.
- socio-économique : l’IPC, publié au Journal Officiel chaque mois, sert à indexer de nombreux contrats privés, des pensions alimentaires, des rentes viagères et aussi à indexer le SMIC. L’indice retenu pour le SMIC est celui des ménages urbains dont le chef est employé ou ouvrier, hors tabac_.
- monétaire et financier : à des fins de comparaison internationale, les indices de prix ont fait l’objet d’un travail d’harmonisation entre les services statistiques nationaux sous la coordination d’Eurostat. Les indices de prix à la consommation harmonisés (IPCH) ainsi obtenus ne se substituent pas aux IPC nationaux…..

La dépense de consommation des ménages a été de 993,2 milliards d’euros en 2006. (euros courants)
Avec une hausse de 2,1 % en 2006, la dépense de consommation des ménages en volume croît à un rythme régulier depuis 2001. Elle contribue pour une large part à la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui atteint 2,0 % en 2006. L’évolution soutenue du revenu disponible brut (+ 4,3 % après + 3,5 % en 2005) est principalement alimentée par l’accélération des revenus salariaux (+ 3,8 %, après + 3,3 %). Celle-ci, conjuguée à une hausse modérée des prix de la dépense de consommation (+ 1,9 %), se traduit par une progression sensible du pouvoir d’achat (+ 2,3 %).
Comme par le passé, l’évolution de la consommation est plus lisse que celle du pouvoir d’achat des revenus. L’accélération marquée des revenus s’accompagne ainsi d’un léger rebond du taux d’épargne des ménages, qui passe de 15,3 % en 2005 à 15,5 % en 2006, alors qu’il baissait depuis 2003.
Les prix augmentent à un rythme quasi stable depuis 2003 : + 1,9 % en 2006, après + 1,8 % en moyenne annuelle de 2003 à 2005. Les prix des produits pétroliers continuent de progresser nettement, mais à un rythme ralenti en 2006 : + 6,7 % après + 15,3 % en 2005. La baisse des prix des services de télécommunications contribue également à modérer l’inflation (- 5,2 % après + 0,2 % en 2005). En revanche, les aléas climatiques ont fortement pesé sur la production de fruits et de légumes, entraînant une accélération de leur prix, qui se répercute sur l’ensemble des produits alimentaires (+ 1,8 % après + 0,3 %)
Source :INSEE

Volume / valeur

Du fait de la hausse des prix, la monnaie se déprécie au cours du temps. On peut corriger cet effet.
On distingue pour cela les évolutions en « valeur » (évaluées à prix courants, sans correction de l’effet de l’inflation) des évolutions en « volume », en intégrant une correction éliminant l’effet de l’inflation. A cette fin, on calcule la consommation d’une année aux prix de l’année précédente.
Sur le plan des principes, l’opération est d’une parfaite simplicité : pour chaque poste élémentaire, on multiplie les quantités de l’année considérée par les prix de l’année précédente.

Les crédits à la consommation

Les Echos [ 11/12/08 - 13H09 ]
… .

Il existe deux grands types de crédits à la consommation : le crédit amortissable dit  » classique  » ou  » affecté « , et le crédit
renouvelable  »
Le crédit amortissable
Avec ce crédit, l’emprunteur connaît précisément l’objet du financement. Comme les fonds sont destinés au financement d’un bien déterminé, par exemple un véhicule neuf, ils ne peuvent pas servir à financer autre chose. Dans cette opération, la vente et le crédit sont liés. Par conséquent, il n’est pas question que l’un existe sans l’autre.
Le crédit permanent aussi appelé « crédit revolving »
Appelé également revolving ou crédit renouvelable ou encore  » réserve d’argent « , le crédit permanent est accordé par un organisme financier.  » Contrairement au crédit amortissable, ce financement n’est pas lié à l’achat d’un bien ou d’un service  » souligne-t-on chez Meilleurtaux. Par conséquent, ce type de financement n’est pas lié à l’achat d’un bien.
 » En fait le crédit revolving est souvent diffusé sur les lieux de vente c’est-à-dire dans les grands magasins, qui proposent à leurs clients une carte de fidélité. Derrière cette carte se cache une offre préalable de crédit « , explique Serge Maitre, secrétaire général de l’AFUB (Association française des usagers des banques).
La souscription du crédit révolving est facile : au lieu d’avoir un dossier passé au peigne fin, le banquier se contente, dans le pire des cas, d’une déclaration sur l’honneur des ressources par le candidat à l’emprunt, ou de trois derniers bulletins de salaire et rarement des trois derniers relevés bancaires. A ce stade, l’AFUB souhaite que la présentation des trois derniers relevés bancaires deviennent une obligation. Grâce à ces documents, l’organisme de crédit pourra repérer aisément les prélèvements supportés par le particulier.
Il arrive aussi que le crédit revolving soit souscrit à distance en répondant à un mailing ou à une petite annonce. « La réserve de crédit est alors perçue comme un complément de revenus pour faire face aux besoins de la vie quotidienne ou même permettre d’autres remboursements de crédits  » poursuit Serge Maître.
Le crédit revolving est cher
Particulièrement cher, le crédit revolving est proposé à un taux élevé, variable selon les banques. Actuellement leur taux nominal peut se situer entre 17% et 20%, soit au moins le double d’un crédit classique.
L’autre point noir du crédit revolving est constitué par son mode de fonctionnement.  » Votre compte comporte une autorisation de crédit, qui peut généralement être utilisée au moyen d’une carte de crédit. Vous disposez en permanence et librement d’une somme d’argent remboursable simplement « , explique l’AFB (Association française des banques). Voici donc pour la théorie. Dans la pratique, ce type de crédit accordé sur quelques milliers d’euros entraîne une spirale infernale : lorsqu’on commence à la rembourser, la réserve d’argent se reconstitue à hauteur du capital initial.
La spirale infernale
Sur un crédit revolving de 5.000 euros, un particulier a utilisé 1.500 euros. Il ne lui reste donc que 3.500 euros sur sa réserve d’argent. L’organisme de crédit effectue un prélèvement de 150 euros se ventilant en 105 euros d’intérêts et 45 euros de remboursement du capital. Une fois cette échéance réglée, le particulier dispose d’une réserve d’argent de 3.545 euros (3.500 euros + 45 euros). S’il re-pioche systématiquement dedans, il prend l’habitude de vivre à crédit et de s’endetter. D’où un véritable cercle vicieux entraîné par ce  » crédit revolver « .
Pour maîtriser son financement, il est parfaitement possible d’accepter une carte de fidélité dans un grand magasin. Par exemple, Darty, Monoprix, le Printemps. Et ce, tout en refusant l’offre de crédit. Les achats sont réglés par la carte dans ces magasins. Et chaque mois l’organisme de crédit fait parvenir au porteur de la carte un décompte de ses achats. A charge pour lui les régler comptant en envoyant un chèque à l’organisme de crédit. Avec cette stratégie, il règle de manière différée ses achats, sans pour autant se lier avec un crédit revolving.

Un nouveau mode de segmentation : Les stades de vie

Questions

1 Retrouvez les raisons qui ont poussé le cabinet ACNielsen (annexe) à proposer un nouveau mode de segmentation.
2 Dans un tableau, vous présenterez les caractéristiques des quatre stades de vie et vous trouverez des exemples de produits destinés plus particulièrement à cette cible.

Le parcours tout tracé – d’enfant à parent puis grand-parent – a vécu. Aujourd’hui, chacun suit son chemin.
ACNielsen l’a bien compris, développant, avec Carat et HomeScan, un nouveau mode de segmentation, basé sur les stades de vie.
La société change. Segmenter la population par CSP n’est plus suffisant pour définir réellement sa cible. D’autant que les codes familiaux traditionnels tendent de plus en plus à se faire remplacer par de nouveaux schémas : de la famille recomposée à la famille monoparentale, en passant par les célibataires ou encore les enfants qui restent de plus en plus longtemps chez papa et maman, les modèles évoluent et ne se ressemblent pas. Un pouvoir de segmentation plus explicatif. ACNielsen France a ainsi identifié quatre stades de vie majeurs impliquant des modifications notables dans les comportements d’achat des individus:: l’installation à deux, la présence d’un enfant ou la recomposition d’une famille, le changement de statut familial après une séparation, un divorce ou un veuvage et le changement de statut professionnel (retraite, chômage). Les stades de vie incluent donc à la fois les fluctuations du pouvoir d’achat, ainsi que celles du nombre de personnes présentes au sein du foyer.
ACNielsen et Carat ont ensuite poussé plus loin la segmentation, en identifiant douze stades de vie distincts regroupant à la fois le nombre de personnes au foyer (suivant que l’on forme une famille, que l’on vit en couple ou seul), la présence d’enfants et leur âge, ainsi que l’âge du chef de famille.
Il en ressort trois catégories principales.
Les Seniors Duo, composés de deux personnes sans enfant dont le chef de famille est âgé de 65 ans et plus, représentent 13,7 % de la population française. Ils sont suivis par
les Solos Seniors, des personnes vivant seules, sans enfant, de 65 ans et plus, qui représentent 12 % de la population française.
Les Jeunes Solos les talonnent de près avec 11,5 % de la population. Ce sont des personnes vivant seules, sans enfant et de moins de 50 ans. Les stades de vie offrent ainsi un pouvoir de segmentation plus explicatif que les critères socio démographiques simples. Un plus indéniable pour les marques qui pourront, grâce aux stades de vie, en connaître davantage sur leurs consommateurs et leur comportement d’achat.
A. Charpentier, Marketing Magazine, n° 99, novembre 2005


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