Archives pour la catégorie Production

La filière du nucléaire en France

Les acteurs du nucléaire en France

[Les Echos  03/11/08  ]La recherche
La recherche sur les réacteurs et le cycle du combustible nucléaire est effectuée par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), un organisme public doté d’un budget de 3,4 milliards d’euros et réparti sur 9 centres de recherche.

La production

- La conception et la réalisation des chaudières nucléaires et des assemblages de combustible sont effectuées par Areva NP (ex Framatome ANP), une société détenue à 66 % par le groupe Areva et à 34 % par le groupe Siemens.
- La production d’électricité ainsi que l’exploitation et la maintenance des centrales est effectuée par EDF, qui gère un parc de production nucléaire de 58 unités de production réparties sur 19 sites.
- L’extraction du minerai, ainsi que sa conversion, son enrichissement et son retraitement (ce qu’on appelle  » le cycle du combustible « ) est réalisé par Areva NV (ex COGEMA), une société détenue à 100 % par le groupe Areva.

Le contrôle

Le contrôle des activités nucléaires civiles est assuré par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). L’ASN est une autorité administrative indépendante, créée par la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire. Au nom de l’État, l’ASN assure le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection afin de protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement, des risques liés aux activités nucléaires.

Economie souterraine: la cybercriminalité

Analyse de document:
1 Définir la cybercriminalité
2 Donner des exemples
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Il existe un marché des outils, des services et de l’emploi pour cybercriminels. Le géant de la sécurité informatique Symantec l’a observé pendant un an. Avec à la clé des estimations chiffrées du hit-parade de la cybercriminalité.
La panoplie complète du parfait cybercriminel est en vente sur Internet. Les fournisseurs en « biens et services frauduleux » font de la publicité sur des réseaux de discussion instantanée (IRC) ou sur des forums très privés où ils rencontrent des acheteurs. L’éditeur de solutions de sécurité informatique Symantec a observé pendant un an ce véritable marché, pour en tirer un rapport sur l’économie souterraine.
Le serveur IRC le plus important espionné par Symantec comptait 90.000 utilisateurs et plus de 28.000 canaux, contre 40 fidèles pour le plus petit. Mais 90% de ces réseaux ont une durée de vie inférieure à 6 mois. Si les Etats-Unis sont le pays hébergeur n°1 avec 41% des serveurs sur son territoire, la Roumanie décroche une surprenante deuxième place (13%) devant l’Allemagne (11%). Au total, pour son étude, l’éditeur dit avoir surveillé pendant un an 69.000 cybercriminels ayant publié 44,3 millions de messages publicitaires sur ces forums, où certains vantent une « efficacité à 100% » de leurs outils tandis que d’autres affirment qu’on peut leur faire « 100% confiance ».
De ce monitoring au long cours, il ressort que les numéros de carte de crédit sont de loin le « produit » le plus offert, avec 31% des annonces, mais aussi le plus demandé (24%). Une popularité qui s’explique par les nombreux moyens existant pour les récupérer (à la fois on et off line) et par leur simplicité d’utilisation (réaliser des achats sur Internet). Le prix à l’unité peut descendre autour de 8 centimes d’euro selon l’étude. Mais ils n’en représentent pas moins 59% de la valeur totale du marché des produits et services cybercriminels observé par Symantec .
Deuxième au hit-parade : les coordonnées de comptes bancaires (20% de l’offre et 18% de la demande). Leur prix varie de 10 à 1000 dollars l’unité (7,8 à 780 euros), en fonction de leur solde et de leur localisation géographique. D’un rapport potentiellement important, donnant accès directement à du cash, ils nécessitent la mise en œuvre de diverses techniques pour être transformés en argent sonnant et trébuchant, comme l’appel à des intermédiaires jouant le rôle du possesseur du compte.
Les informations permettant de s’adonner au phishing ou au spam montent sur la troisième marche de ce podium de la fraude électronique (19% de la demande mais 21% de l’offre). Cela inclut des listes d’adresses électroniques, des mots de passes de comptes mail, des thèmes d’escroqueries et autres intitulés de messages…
Enfin les multiples outils et services « cybermalicieux » forment le reste de ce marché très spécial avec notamment les fameux réseaux d’ordinateurs zombies (Botnet), très utilisés pour envoyer des spams, héberger des sites de phishing, réaliser des attaques de deni de service… Tarif moyen 225 dollars. Si vous souhaitez un logiciel de piratage, comme un renifleur de clavier, comptez environ 23 dollars. Pour un solution d’hébergement de phishing, sachez que cela peut aller de 2 à 80 dollars. Enfin, si vous êtes déjà un peu calé en informatique, sachez que le prix moyen d’une vulnérabilité technique (exploit) identifiée sur un site financier tourne autour de 740 dollars.
Au final, Symantec estime que le montant des échanges de services cybercriminels qu’il a observés entre juillet 2007 et juin 2008 s’élève à 276 millions de dollars. Et il évalue à 7 milliards de dollars le chiffre d’affaires qu’ils ont permis de générer. Soit 5,3 milliards de dollars pour les seuls numéros de cartes de crédit et 1,7 milliard pour l’exploitation des coordonnées de comptes bancaires. Autrement dit, un retour sur investissement rien moins qu’attractif…
Source: l’expansion novembre 2008

PIB par hbt en US$ 2007(?)

1 Luxembourg 80,800
2 Qatar 75,900
3 Bermudes 69,900
4 Jersey 57,000
5 Norvège 55,600
6 Koweït 55,300
7 Émirats arabes unis 55,200
8 Singapour 48,900
9 États-Unis 46,000
10 Irlande 45,600
11 Guernsey 44,600
12 Guinée équatoriale 44,100
13 Iles Cayman 43,800
14 Hong Kong 42,000
15 Suisse 39,800
16 Islande 39,400
17 Autriche 39,000
18 Andorre 38,800
19 Pays-Bas 38,600
20 Iles Vierges britanniques 38,500
21 Canada 38,200
22 Gibraltar 38,200
23 Australie 37,500
24 Danemark 37,400
25 Suède 36,900
26 Belgique 36,500
27 Finlande 35,500
28 Royaume-Uni 35,300
29 Man, Isle of 35,000
30 Bahreïn 34,700
31 Allemagne 34,400
32 Saint-Marin 34,100
33 France 33,800
Source:http://www.indexmundi.com/g/r.aspx?t=50&v=67&l=fr

Le Produit Intérieur Brut.

Source CCIP
Pour mesurer la richesse créée, pendant une année, par les agents économiques qui résident sur son
territoire, donc les entreprises françaises comme étrangères, les administrations, le pays utilise un
indicateur de la croissance économique qui s’appelle le Produit Intérieur Brut ou PIB et qui se
calcule comme suit :

PIB = Somme des valeurs ajoutées des entreprises (réalisées sur un territoire donné)

Pour affiner la mesure, on peut décomposer le PIB en une partie marchande et une partie non
marchande :

- le P.I.B. marchand correspond à la valeur des biens et services destinés à être vendus sur le
marché ;
- le P.I.B. non marchand est constitué par les services non marchands et il est évalué au coût
de production de ces services (les services non marchands, défense, police, justice…, sont
produits à 98% par les administrations publiques).

Le PIB est un indicateur approximatif de la richesse créée sur un territoire, car il ne tient compte ni de
l’économie informelle (travail au noir, activités illicites, bénévolat, pourboires, production domestique  auto-consommée comme les produits du jardin, le ménage…), ni des nuisances issues de l’activité (pollution de l’air et de l’eau, encombrement urbain, bruit…). On aboutit même parfois à des incohérences : les accidents de la route, en multipliant l’activité des assurances, des garagistes, de la justice, des hôpitaux, etc., font augmenter le PIB.

PIB en valeur,PIB en volume

Le pouvoir d’achat de la monnaie est la quantité de biens et de services qu’il est possible de se procurer avec une unité monétaire. Du fait de la hausse des prix, le pouvoir d’achat de la monnaie se déprécie au cours du temps. A l’extérieur du pays il diminue en cas de dépréciation et de dévaluation et augmente dans les cas inverses.
Pour observer l’évolution réelle de l’activité économique ( production, consommation,…) il est donc nécessaire de tenir compte des effets de l’inflation.

On distingue ainsi les évolutions à prix courants (sans correction de l’effet de l’inflation) des évolutions à prix constants (avec correction de l’effet de l’inflation).

Dans le premier cas il s’agit d’une évolution en valeur et dans le second d’une évolution en volume.
Pour approximer l’inflation (ou la déflation), on utilise en général l’indice des prix à la consommation.

Dividendes perçus par l’état en 2007

L’Etat a perçu, en 2007, 4 milliards d’euros de dividendes des entreprises dans lesquelles il détient une participation. Pour 2008, le chiffre doit dépasser 5 milliards. Mais ces sommes ne sont pas forcément utilisées à bon escient.

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L’Etat a perdu sa pudeur d’actionnaire. Plus de 2,3 milliards d’euros d’EDF, 1,24 milliard d’euros de Gaz de France, 141 millions d’euros de La Poste, 134 millions d’euros de la SNCF… : ce sont des dividendes sans précédent que l’Etat demande, depuis le début de cette année, aux entreprises dans lesquelles il détient une participation, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire. L’année dernière, déjà, ils avaient atteint 3,9 milliards d’euros. En 2008, ce sont plus de 5,1 milliards d’euros de profits de ces sociétés qui devraient tomber dans les caisses du Trésor public (1). Un chiffre record, cinq fois plus élevé que celui de 2003.

Depuis cette date, les dividendes perçus par l’Etat n’ont cessé de progresser mais la hausse s’est nettement accélérée à partir de 2005. C’est, en grande partie, la conséquence de l’amélioration des résultats des entreprises publiques, désormais complètement converties à la culture de la performance et de la profitabilité. En 2007, EDF a réalisé un profit historique de 5,6 milliards d’euros.

Seule la RATP échappe à la règle

La SNCF a affiché, elle aussi, un résultat jamais vu de 1 milliard. La part des bénéfices reversée à l’actionnaire, le « pay out » en langage financier, reflète donc la bonne santé financière de groupes parfois encore totalement publics, mais qui ont tourné la page d’années de pertes après avoir « découvert que, comme les autres, ils étaient mortels », comme dit joliment le directeur général de l’Agence des participations de l’Etat, Bruno Bézard. Entré à l’APE en 2002 – à l’époque comme directeur adjoint -, ce dernier n’est pas étranger à cet enrichissement. Depuis des années, ce nouveau visage du capitalisme à la française, qui gère une « fortune » de 167 milliards – trois fois supérieure à celle de Bill Gates -, ne cesse de plaider pour que l’Etat joue plus activement, et sans complexe, son rôle d’actionnaire. Que la SNCF et La Poste aient versé un dividende pour la première fois cette année à leur unique actionnaire, voilà qui est à mettre à son actif. Seule la RATP semble désormais devoir échapper à cette règle, probablement pour ménager la situation sociale de la régie.

A cette exception près, la politique de l’APE paraît vouée à s’amplifier. Car, aujourd’hui, l’Etat actionnaire prélève encore nettement moins aux sociétés qu’il contrôle que ne le font les actionnaires du secteur privé. A titre d’exemple, le dividende versé par la SNCF ne représente que 12,5 % de son résultat, quand les taux en vigueur dans les sociétés cotées sont plutôt de l’ordre de 40 % à 50 %. Actionnaire avisé, l’Etat entend laisser à ses entreprises les moyens d’investir et de se développer. Mais, piètre gestionnaire des budgets publics, il est, de plus en plus, tenté de consacrer ces dividendes à améliorer ses propres comptes. Fin 2007, Bercy n’a-t-il pas exigé d’EDF le versement, par anticipation, de 922 milliards d’euros pour aider à maintenir le déficit de l’Etat juste à l’objectif inscrit en collectif budgétaire, de 38,4 milliards d’euros ? Mieux vaudrait, sans doute, les utiliser pour investir.

 

voir http://www.lesechos.fr/medias/2008/0520//4728630.jpg pout carte des dividendes

L’Etat n’est plus un actionnaire dormant

Le directeur général de l’Agence des participations de l’Etat (APE) donne aux « Echos » sa première interview.
Les participations de l’Etat diminuent, pourtant elles sont gérées plus activement que jamais. Comment expliquer ce paradoxe apparent ?

La valeur des participations cotées de l’Etat français dépasse 150 milliards d’euros et nous avons aussi de très grandes entreprises non cotées. Au total, le chiffre d’affaires de nos entreprises est de l’ordre de 160 milliards d’euros. Il est vrai que nous avons réduit le périmètre. Par exemple, nous avons vendu les autoroutes, et, à chaque fois que nous mettons une entreprise sur le marché, nous nous employons à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Mais parfois des branches repoussent… Cela étant, ce périmètre reste relativement large par comparaison à d’autres pays.
Le métier de l’Agence des participations de l’Etat est d’être l’actionnaire de ces entreprises qui appartiennent en totalité ou en partie aux Français. Il est de veiller à ce qu’elles se développent et .
Ce n’était pas le cas auparavant ?
Peut-être sommes-nous plus attentifs à leur développement et pas seulement à leurs comptes, peut-être faisons-nous un peu plus de stratégie avec elles que par le passé. Les équipes de l’APE passent plus de 80 % de leur temps à recevoir les managers de ces entreprises pour parler de leurs projets. En 2007, l’APE a siégé dans 500 conseils d’administration et comités d’audit. Nous sommes certainement devenus, en France, ceux qui avons le plus d’expérience des conseils d’administration à grande échelle et connaissons la théorie mais surtout, aussi, la pratique de ce qu’on appelle la gouvernance.
Avec l’APE, l’Etat est passé d’une logique de tutelle – mot d’ailleurs banni de notre langage – à une logique d’actionnaire. Le fax du vendredi à 23 heures par lequel une entreprise informait Bercy d’une opération stratégique qu’elle lançait le lundi matin, c’est terminé.
Est-ce que cela arrive-t-il encore ?
Non, car j’ai débranché mon fax… Plus sérieusement, nous voyons les dirigeants d’entreprise très en amont pour discuter avec eux de leurs projets. Nous en discutons toujours très librement. Parfois même, nous avons des échanges musclés… Mais, parfois aussi, cela a permis d’éviter de grosses bêtises ! Nous avons pu aussi aider des entreprises à surmonter des difficultés importantes. Par exemple, La Poste pour mettre en place La Banque Postale. Nous n’essayons ni de bloquer systématiquement les projets ni d’être pousse-au-crime. Mais d’être dans une relation d’actionnaire-partenaire.
L’APE propose-t-elle d’elle-même des privatisations ou l’initiative vient-elle toujours du politique ?
L’APE n’est pas une agence de privatisation. Je ne me lève pas le matin en me demandant quelle entreprise je vais pouvoir mettre sur le marché. Il arrive que l’APE fasse des recommandations de ce type pour des motifs stratégiques, jamais pour des raisons budgétaires. La mise sur le marché d’Aéroports de Paris, d’EDF, de Gaz de France, puis la fusion avec Suez, ont été portées par l’APE. Mais elles ne seraient pas allées au bout si elles n’avaient pas été portées politiquement. Et puis, surtout, l’APE n’a pas vocation à être une agence indépendante mais est placée sous l’autorité politique, en l’occurrence celle du ministre des Finances, car elle s’occupe, avec les méthodes du privé, d’affaires publiques.
Sur l’entrée au capital des Chantiers de l’Atlantique, avez-vous été moteur ?
L’agence s’est efforcée d’aider. Lorsqu’un pays a des atouts industriels majeurs, et c’est le cas des Chantiers de Saint-Nazaire, je ne vois pas pourquoi, tout en restant très ouvert aux investissements étrangers, il ne les ferait pas prospérer dans la compétition mondiale. L’Etat vend la plupart du temps, il doit savoir acheter quand il le faut. Mais, naturellement, c’est au politique d’en décider. Il l’a fait.

Sur les fonds de démantèlement nucléaire, vous avez aussi été très actif…

Il y a eu convergence entre une démarche citoyenne et l’intérêt de l’actionnaire. Nous pensions qu’EDF se développerait mieux en étant coté. Et il n’était pas possible de mettre EDF sur le marché sans éclairer les investisseurs sur la façon dont l’entreprise ferait face aux coûts de démantèlement des centrales nucléaires. Beaucoup de pays regardent aujourd’hui ce que nous avons fait. Nous sommes parvenus à un point d’équilibre, en autorisant différents types de placements pour concilier rentabilité et sécurité.

Et quand EDF se lance sur le marché britannique, il le fait avec votre consentement depuis le début ?

Tout à fait, mais dans le respect des procédures normales de gouvernance car nous sommes très attachés à ce que les conseils jouent leur rôle pleinement. Qu’ils ne soient plus des chambres d’enregistrement où les syndicats étaient là pour protester, les personnalités qualifiées pour dormir et les représentants de l’Etat pour faire de la figuration. Nous avons fait en sorte que ces conseils soient plus professionnalisés. Il existe une charte des relations entre l’APE et ses entreprises. C’est d’une banalité affligeante dans son contenu mais c’est en soi une révolution. Il y est écrit, par exemple, que les conseils doivent être saisis des sujets importants. Cela paraît évident, mais, lorsque je suis arrivé et que je demandais à un dirigeant quand il allait passer tel dossier au conseil, je m’entendais parfois répondre : « Mais vous plaisantez, c’est un dossier trop important pour passer au conseil… » Dans l’ensemble, je veux souligner que nous avons désormais, à la tête de nos entreprises, une génération d’excellents dirigeants qui ne considèrent plus du tout qu’une entreprise publique a toujours des excuses pour être moins bien gérée. Nous avons d’ailleurs beaucoup modernisé leurs rémunérations. Elles ont été revues à la hausse pour réduire les écarts avec le privé et nous les négocions chaque année en fonction de leurs performances.

Quels sont les critères ?

Ils sont à la fois quantitatifs et qualitatifs. Il y a la rentabilité de l’entreprise. Il y a aussi la structure du bilan, la réduction de l’endettement, le niveau du cash-flow… Et puis il y a des critères plus qualitatifs comme par exemple la réussite de grands projets, la réduction des délais d’attente des clients au guichet dans de grands services publics.

Vous avez donc été amené cette année à réduire ou supprimer des bonus…

Oui et si j’en juge à la quantité de décibels que j’ai reçus dans les oreilles, le sens des mots « part variable » est désormais parfaitement compris……

l’APE est née d’une crise, celle de la faillite de France Télécom… Je ne suis pas près de l’oublier. J’ai pris mes fonctions au sein de ce qui était un service du Trésor le 15 juillet 2002 et, le lendemain, j’avais sur mon bureau un dossier intitulé France Télécom : 70 milliards d’euros de dette et moins 400 millions de fonds propres. Dans ce contexte, il y eut immédiatement ce questionnement : si ces entreprises en sont là, n’est-ce pas aussi parce que l’actionnaire ne s’en est pas bien occupé ? En fait, la Direction du Trésor avait parfaitement fait son métier, mais il manquait les outils et une incarnation forte de l’actionnaire. Le concept est venu, alors, d’une agence dédiée, quoique clairement placée sous l’autorité politique. De manière à ce que les dirigeants ne puissent plus invoquer l’absence d’interlocuteur clair et bien identifié. Il y avait aussi un besoin de communication vis-à-vis du Parlement : c’est l’objet du rapport annuel de l’Etat actionnaire et des auditions qui sont régulièrement organisées.

L’Etat ne siège pas directement au conseil de cette entreprise. J’ai eu l’occasion d’expliquer publiquement que le mode de contrôle qui avait été mis en place pour EADS était l’exact contraire de ce que nous souhaitions faire depuis la création de l’APE. Mais nous avons bien avancé depuis.

Est-il normal que la Caisse des Dépôts reste elle aussi en dehors du périmètre de l’APE ?

La Caisse des Dépôts est sous la surveillance spéciale du Parlement.
L’APE a-t-elle une part de responsabilité dans l’amélioration spectaculaire des résultats des entreprises publiques ?
Tout ce que nous faisons depuis plusieurs années se traduit par des résultats. La discipline que nous avons introduite explique en partie la meilleure rentabilité de ces entreprises. Mais n’exagérons rien : si les bénéfices d’EDF ont été multipliés par plus de dix depuis 2002, c’est aussi, bien évidemment, parce que les prix de l’énergie ont fortement augmenté.

L’Etat demande désormais des dividendes conséquents. En demande-t-il assez ?

Tout le monde trouve normal aujourd’hui que la SNCF et La Poste versent un dividende. Mais c’est très nouveau. L’APE en a fait une règle. Quant au montant de ce dividende, il est négocié avec le management, en tenant compte du secteur d’activité et des besoins d’investissement de l’entreprise. C’est du cas par cas. Nous regardons aussi ce que font les concurrents de nos entreprises.
L’APE est-elle à l’origine de décisions stratégiques des entreprises ?
Nous ne voulons pas nous substituer aux dirigeants. Ce n’est pas à l’APE de faire la première proposition. Ce serait une faute. Ce n’est pas à nous d’inventer le matin une cible pour une acquisition de France Télécom ou EDF. L’Etat n’est plus un actionnaire dormant, mais il ne doit pas non plus faire du Meccanoindustriel en chambre toute la journée. Nous sommes donc plus souvent en mode réactif que prescriptif et je le revendique, car notre rôle n’est pas d’inventer la stratégie de la SNCF à la place de Guillaume Pepy, celle d’Areva à la place d’Anne Lauvergeon ou celle de La Poste à celle de Jean-Paul Bailly. Il est en revanche de passer le temps nécessaire avec eux pour « challenger » leurs idées, les infléchir le cas échéant, les encourager autant que possible lorsque nous partageons les projets.
PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-FRANCIS PÉCRESSE ET PASCAL POGAM
Source: Les Echos 30 juin 2008

Devenu actionnaire avisé, l’Etat perçoit cinq fois plus de dividendes qu’il y a cinq ans

L’Etat a perçu, en 2007, 4 milliards d’euros de dividendes des entreprises dans lesquelles il détient une participation. Pour 2008, le chiffre doit dépasser 5 milliards. Mais ces sommes ne sont pas forcément utilisées à bon escient.

L’Etat actionnaire prélève encore nettement moins aux sociétés qu’il contrôle que ne le font les actionnaires du privé.
L’Etat a perdu sa pudeur d’actionnaire. Plus de 2,3 milliards d’euros d’EDF, 1,24 milliard d’euros de Gaz de France, 141 millions d’euros de La Poste, 134 millions d’euros de la SNCF… : ce sont des dividendes sans précédent que l’Etat demande, depuis le début de cette année, aux entreprises dans lesquelles il détient une participation, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire. L’année dernière, déjà, ils avaient atteint 3,9 milliards d’euros. En 2008, ce sont plus de 5,1 milliards d’euros de profits de ces sociétés qui devraient tomber dans les caisses du Trésor public (1). Un chiffre record, cinq fois plus élevé que celui de 2003.
Depuis cette date, les dividendes perçus par l’Etat n’ont cessé de progresser mais la hausse s’est nettement accélérée à partir de 2005. C’est, en grande partie, la conséquence de l’amélioration des résultats des entreprises publiques, désormais complètement converties à la culture de la performance et de la profitabilité. En 2007, EDF a réalisé un profit historique de 5,6 milliards d’euros.
Seule la RATP échappe à la règle
La SNCF a affiché, elle aussi, un résultat jamais vu de 1 milliard. La part des bénéfices reversée à l’actionnaire, le « pay out » en langage financier, reflète donc la bonne santé financière de groupes parfois encore totalement publics, mais qui ont tourné la page d’années de pertes après avoir « découvert que, comme les autres, ils étaient mortels », comme dit joliment le directeur général de l’Agence des participations de l’Etat, Bruno Bézard. Entré à l’APE en 2002 – à l’époque comme directeur adjoint -, ce dernier n’est pas étranger à cet enrichissement. Depuis des années, ce nouveau visage du capitalisme à la française, qui gère une « fortune » de 167 milliards – trois fois supérieure à celle de Bill Gates -, ne cesse de plaider pour que l’Etat joue plus activement, et sans complexe, son rôle d’actionnaire. Que la SNCF et La Poste aient versé un dividende pour la première fois cette année à leur unique actionnaire, voilà qui est à mettre à son actif. Seule la RATP semble désormais devoir échapper à cette règle, probablement pour ménager la situation sociale de la régie.
A cette exception près, la politique de l’APE paraît vouée à s’amplifier. Car, aujourd’hui, l’Etat actionnaire prélève encore nettement moins aux sociétés qu’il contrôle que ne le font les actionnaires du secteur privé. A titre d’exemple, le dividende versé par la SNCF ne représente que 12,5 % de son résultat, quand les taux en vigueur dans les sociétés cotées sont plutôt de l’ordre de 40 % à 50 %. Actionnaire avisé, l’Etat entend laisser à ses entreprises les moyens d’investir et de se développer. Mais, piètre gestionnaire des budgets publics, il est, de plus en plus, tenté de consacrer ces dividendes à améliorer ses propres comptes. Fin 2007, Bercy n’a-t-il pas exigé d’EDF le versement, par anticipation, de 922 milliards d’euros pour aider à maintenir le déficit de l’Etat juste à l’objectif inscrit en collectif budgétaire, de 38,4 milliards d’euros ? Mieux vaudrait, sans doute, les utiliser pour investir.
J.-FR. P.

(1) Y compris 922 milliards d’euros versés par anticipation en 2007 mais qu’il est plus logique de comptabiliser en 2008.

Les Echos[ 20/05/08 ]


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