Archives pour la catégorie Pensée économique

Good bye Keynes !

Analyse de documents
1 Définir les mots suivants:
- régulation
- néo-classique
- phobie anti-étatique et anti-fiscale
2 Rappeler qui était Keynes et sa place dans les idées économiques.

3 En quoi selon l’auteur y a t il un retour en ce moment des pratiques keynesiennes 4 Pourquoi selon lui aussi ne peuvent elles être que limitées?

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Good bye Keynes !
Source : Les Echos du [ 03/11/08 ]

Les uns après les autres les Etats interviennent au capital de leurs principales banques. Surtout, la plupart des dirigeants politiques mondiaux affirment vouloir réintroduire de la régulation dans les systèmes financiers nationaux et mondial. De nombreux commentateurs évoquent donc un « retour à Keynes ».
Les économistes néoclassiques, dominants depuis la fin du XVIIIe siècle, notamment son propre maître à Cambridge, Arthur Pigou, prônaient la baisse des salaires et des impôts pour sortir de la crise. Keynes a expliqué que, au contraire, quand s’engage la spirale déflationniste, la baisse des salaires entraîne évidemment celle de la consommation, puis celle des investissements des entreprises, donc de la demande globale et de l’emploi. Il a donc préconisé, comme remède à la crise, que l’Etat soutienne l’activité par sa demande, ou en favorisant la demande de consommation, ou encore en facilitant l’investissement par la baisse des taux d’intérêt.
On peut donc effectivement affirmer qu’il y a une sorte de « retour à Keynes », dans la mesure ou, à l’encontre de la phobie anti-étatique et antifiscale qui a saisi certains économistes, et les politiques qu’ils conseillent, depuis vingt ans, on réalise aujourd’hui que l’Etat est nécessaire pour réguler l’activité économique et notamment l’activité financière.
Mais aller au-delà dans l’affirmation d’un retour à Keynes est très exagéré.
D’abord, Keynes n’a pas formulé de recommandations particulières pour réguler les marchés financiers. Encore moins a-t-il préconisé des nationalisations de banques. Au contraire, il a critiqué les nationalisations des travaillistes anglais de 1945. Il était un partisan déterminé de l’économie de marché et du capitalisme.
Ensuite, l’application de la vraie théorie keynésienne est malheureusement problématique aujourd’hui pour deux raisons.
En premier lieu, l’efficacité de ces thérapies exige que l’Etat et les collectivités locales aient les moyens d’une relance, donc de dépenser sans augmenter, par ailleurs, les impôts. Or nombre de pays comme le nôtre ayant, sans discontinuer, été en déficit budgétaire, et ayant même baissé ensuite inconsidérément les impôts pour surfer sur la vague antifiscale venue d’outre-Atlantique, n’ont plus aucun moyen budgétaire. Tout se passe comme si, ayant répété, sur une longue période, le « traitement » keynésien, nous nous étions mithridatisés contre lui !
En second lieu, la relance par la consommation à travers une hausse du pouvoir d’achat est aujourd’hui bien moins efficace. La part globale des importations dans le PIB est, en effet, passée, entre les années 1950 et les premières années du XXIe siècle, de 4 % à 15 % aux Etats-Unis, de 12 % à 25 % en France, de 15 % à 33 % en Allemagne, et de 25 % à 28 % en Grande-Bretagne. Dans les trois premiers pays au moins, globalement, toute relance de la consommation entraîne donc un sursaut bien plus fort des importations, alors fortement taxées. Pis ! Les services, pas ou peu importables, représentant 70 % de la consommation globale, les importations dues à la relance de la consommation de biens matériels représenteraient plutôt 80 % de celle-ci. Dans certains secteurs, c’est 100 %.
Seule serait éventuellement efficace une relance par « grands travaux », sous réserve de la capacité de les financer. Celle-ci, compte tenu de l’endettement de l’Etat, ne serait donc concevable qu’en mobilisant l’épargne des particuliers. Il faudrait donc qu’une institution financière nationale réalise un grand emprunt, alléchant. C’est ce qui avait été fait en 1946, pour cinquante ans, par la Caisse nationale de l’énergie, pour reconstruire les installations énergétiques diverses. On pourrait imaginer un même emprunt lancé par la Caisse des Dépôts, mais sans garantie d’Etat pour ne pas alourdir le passif hors bilan de l’Etat. Cet emprunt financerait un grand plan de recherche et d’équipements en énergies renouvelables, y compris véhicules électriques, avec pour objectif la réduction au minimum de l’usage des combustibles fossiles à horizon 2015 ou 2020.
Mais la vraie thérapie pour la France, c’est une politique de l’offre par incitation directe aux entreprises, et non, comme l’actuel gouvernement l’a tenté, en laissant plus d’argent aux plus aisés. En France, leur propension à investir est hélas, bien plus faible que chez les Anglo-Saxons ! S’il fallait baisser un impôt, quitte à augmenter l’IRPP, c’était, conditionnellement mais fortement, l’impôt sur les sociétés. Mais nous sommes alors bien loin de Keynes et de sa simple manipulation du taux d’intérêt pour le rendre inférieur à l’efficacité marginale du capital.
JEAN MATOUCK est professeur des universités honoraires.

EA: Les exceptions aux 5 règles de la concurrence pure et parfaite

Exercice:
à côté du rappel des 5 règles de la concurrence pure et parfaite,indiquez les exceptions observées dans l’économie réelle(définir ce mot )
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- Atomicité: se caractérise par la présence d’un grand nombre d’offreurs et de demandeurs. de taille réduite ( « atomes »).Aucun agent du marché (acheteur ou vendeur) ne peut, par sa seule action exercer une influence sur les conditions du marché

- L’entrée libre sur un marché:
donc toute réglementation imposant des conditions préalables à l’exercice d’une activité est donc exclue.
- l’homogénéité.
En d’autres termes chacune des unités proposées par les offreurs doit être totalement interchangeable.Cela suppose l’absence de publicité et que les vendeurs ne pratiquent pas une politique de différenciation des produits.

- transparence des marchés:

Donc à tout moment, les acheteurs doivent pouvoir connaître l’ensemble des prix pratiqués par les entreprises. De même, cela suppose que les producteurs puissent connaître à tout moment les conditions de prix et de production de leurs concurrents.

- La parfaite mobilité des facteurs: Donc n’importe quel acheteur ne soit pas gêné par la distance géographique, les frais de transport, les habitudes commerciales, etc…. pour entrer en contact avec n’importe quel vendeur

L’intervensionnisme aux Etats-Unis

[les echos 15/09/08 ]

Le sauvetage par le trésor américain de Freddie Mac et Fannie Mae est évalué à 200 milliards de dollars par les plus pessimistes. Et pourtant ce n’est pas une première dans le pays du libéralisme. L’état fait souvent preuve d’un interventionnisme et d’une réactivité extraordinaires pour aider des entreprises à passer un mauvais cap et ce, dans le but d’éviter de mettre en danger l’économie du pays ou d’un Etat (fédéral) tout entier.
Des précédents célèbres
Tout le monde a en tête le New Deal de Roosevelt et la politique très interventionniste de grands chantiers lancés pour faire face à la crise de 1929, mais l’action de l’Etat américain ne s’est pas arrêtée là.
- A la fin des années 1960, l’administration Nixon avait apporté un soutien financier à Lockheed Aircraft Corporation et s’était résolue à la nationalisation pure et simple de la compagnie ferroviaire Pennsylvania and New York Central Transportation Compagnie.
- Sous Jimmy Carter, c’est au secours du constructeur automobile Chrysler que vole l’Etat fédéral, l’entreprise était au bord du gouffre.
- Au début des années 90, le sauvetage le plus emblématique est celui des caisses d’épargne. Il aura coûté près de 124 milliards de dollars aux contribuables américains, auxquels se sont ajouté 30 milliards de dollars d’aides accordées à l’industrie bancaire.
- Après le 11 septembre, le Congrès avait approuvé un plan de sauvetage de 15 milliards de dollars destiné aux compagnies aériennes.

Pour sauver la finance américaine, Washington prend le contrôle de Fannie Mae et Freddie Mac

Pour sauver la finance américaine, Washington prend le contrôle de Fannie Mae et Freddie Mac
[Les Echos 08/09/08 ]

L’Etat est prêt à investir jusqu’à 200 milliards de dollars pour soutenir les deux agences de refinancement hypothécaire, clef de voûte du financement immobilier américain. Placés sous tutelle, leurs engagements garantis par l’Etat et leurs dirigeants évincés, Fannie Mae et Freddie Mac vont continuer à fonctionner, mais leurs actionnaires seront lessivés.

DE NOTRE BUREAU DE NEW YORK.

C’est un sauvetage public historique pour un pays aussi libéral et darwinien que les Etats-Unis, en particulier sous administration républicaine. Celui de deux sociétés « trop grandes pour faire faillite » qui ont à leur tour succombé à la crise des « subprimes ». Pour le président Bush, les deux agences semi-publiques de financement du crédit immobilier américain, Fannie Mae et Freddie Mac, « représentaient un risque inacceptable » pour le système financier et l’économie des Etats-Unis. Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a annoncé hier le plan de sauvetage des deux organismes cotés en Bourse qui assurent ou garantissent près de 5.300 milliards de dollars de prêts immobiliers, soit 40 % environ de l’encours de crédit immobilier américain. « Il est temps de passer à l’action. Nous l’avons fait en ayant trois objectifs à coeur : apporter de la stabilité aux marchés financiers, continuer à rendre le financement pour les crédits immobiliers accessible et protéger le contribuable », a-t-il déclaré.
Fannie Mae et Freddie Mac vont être placés sous la tutelle (« conservatorship ») du nouveau régulateur du refinancement hypothécaire (FHFA), ce qui signifie qu’elles pourront continuer à fonctionner normalement. Le Trésor est prêt à investir jusqu’à 100 milliards de dollars d’actions préférentielles senior dans chacune des sociétés. Il va dans un premier temps investir 1 milliard de dollars pour acheter sur le marché des actions préférentielles avec un coupon à 10 % pour chacune des deux firmes. Il dispose de warrants qui peuvent lui donner à terme 79,9 % du capital dans chaque cas. « Ce sont des mesures nécessaires pour renforcer le marché immobilier américain et promouvoir la stabilité sur nos marchés financiers », a commenté Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale.
Fannie Mae et Freddie Mac sont en effet un rouage essentiel de l’économie américaine : elles rachètent leurs prêts aux banques et les revendent titrisés, apportant par là de la liquidité pour de nouveaux financements. Dans son nouveau plan, le Trésor se donne aussi la possibilité d’acquérir des produits titrisés liés à l’immobilier (MBS ou mortgage backed securities), « ce qui apportera une aide capitale aux marchés du crédit immobilier en ces temps d’incertitude », a souligné Ben Bernanke. Selon Henry Paulson, Fannie Mae et Freddie Mac vont pouvoir augmenter modestement leur portefeuille de MBS jusqu’à la fin de 2009, mais devront, à partir de 2010, le réduire annuellement de 10 % pour se stabiliser « à un niveau plus bas et moins risqué ». L’Etat va reprendre à son compte les engagements des deux entreprises. Celles-ci ont vendu des milliards de produits titrisés à base de crédit immobiliers à des fonds, des banques centrales, des institutions financières.
Intervention graduelle
La nervosité de ces derniers jours a convaincu l’administration qu’il était temps d’intervenir. Morgan Stanley, mandaté par le Trésor pour analyser la situation, ne les a pas jugées suffisamment capitalisées pour tenir seules dans un environnement aussi difficile. Surtout, elle a considéré que les méthodes comptables employées par Freddie Mac ne rendaient pas objectivement compte de ses besoins en capitaux. Selon le plan, l’Etat ne fera pas d’injection massive de capital, mais interviendra au fur et à mesure que la situation l’exigera. Il veillera particulièrement à ce que les 1.600 milliards de dollars d’obligations émises pour financer leurs opérations soient solvables. « Ils cherchent à faire deux choses, la première est la mise sous tutelle et la seconde est de les refinancer. Je pense que c’est une combinaison importante », a souligné Barney Frank.
Cet été, une loi a été votée autorisant le Trésor à entrer au capital de ces sociétés si nécessaire. « Sur la base de ce que nous avons appris sur ces institutions au cours des quatre dernières semaines, y compris ce que nous avons appris sur leurs besoins en capital et vu les conditions actuelles du marché, j’ai conclu qu’il ne serait pas du meilleur intérêt du contribuable de faire un simple investissement en capital dans ces entreprises sous leur forme actuelle », a fait valoir Henry Paulson. Mi-juillet, le Trésor avait accru leur ligne de crédit et la Fed leur avait ouvert des facilités de financement, comme elle l’a déjà fait pour des banques d’investissement. L’idée était alors de rassurer les marchés et d’éviter une intervention des pouvoirs publics. Mais la dégradation continue des marchés immobiliers et financiers a obligé le Trésor à intervenir plus vite. Les politiques ont été prévenus de l’opération : les candidats à la présidence des Etats-Unis comme les élus du Congrès.
Après le sauvetage de la cinquième banque d’investissement de Wall Street, Bear Stearns, en février, et sa vente, pour un prix bradé à JP Morgan Chase, Henry Paulson a trouvé une seconde occasion d’intervenir directement et d’appliquer sa doctrine : préserver la stabilité du système financier mais laisser les actionnaires responsables des risques pris.
VIRGINIE ROBERT

Analyse de document : la fin du néolibéralisme (JOSEPH E. STIGLITZ Les Echos [ 21/07/08 ])

Analyse de document:

1 Définir les mots suivants:
néolibéralisme
thatchérisme,
reaganomique
2 Expliquez les phrases suivantes
« la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu’ils distribuent efficacement les ressources et servent l’intérêt général »
 » Les maisons neuves appartenant à des familles qui n’avaient pas les moyens de les payer sont tombées en ruine et des millions de personnes se sont retrouvées à la rue. Dans certains cas, le gouvernement à dû intervenir pour sauver ce qui pouvait l’être et, quand il ne l’a pas fait, les dégâts se sont étendus. Certes, l’investissement excessif dans l’immobilier a été porteur de bénéfices à court terme : quelques Américains sont devenus propriétaires de maisons bien plus grandes que cela n’aurait été possible autrement. Mais à quel coût pour eux-mêmes et pour l’économie mondiale ? Avec leur maison, des millions de gens vont perdre les économies de toute une vie. Et les saisies dans l’immobilier ont entraîné un ralentissement mondial de l’activité. Il y a consensus quant aux prévisions : le ralentissement sera général et de longue durée »
3 Faire une recherche sur l’évolution des prix du baril de pétrole depuis un an
4 Analysez et commentez la phrase suivante
« Il y a aujourd’hui découplage total entre les bénéfices sociaux et les intérêts privés. S’ils ne sont pas soigneusement couplés, l’économie de marché ne peut fonctionner de manière satisfaisante »

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Le monde n’est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d’idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu’ils distribuent efficacement les ressources et servent l’intérêt général. C’est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l’inflation.
Après un quart de siècle d’expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches.
Même si les néolibéraux se refusent à l’admettre, leur idéologie a échoué aussi à l’égard d’un autre critère, celui de l’allocation des ressources, comme à la fin des années 1990 avec les investissements consacrés à la fibre optique. Cette erreur a eu au moins un avantage inattendu : le coût des communications a baissé et l’Inde et la Chine se sont intégrées plus avant dans l’économie mondiale.
Mais aucune retombée positive n’a accompagné la mauvaise allocation à grande échelle des ressources au niveau de l’immobilier. Les maisons neuves appartenant à des familles qui n’avaient pas les moyens de les payer sont tombées en ruine et des millions de personnes se sont retrouvées à la rue. Dans certains cas, le gouvernement à dû intervenir pour sauver ce qui pouvait l’être et, quand il ne l’a pas fait, les dégâts se sont étendus. Certes, l’investissement excessif dans l’immobilier a été porteur de bénéfices à court terme : quelques Américains sont devenus propriétaires de maisons bien plus grandes que cela n’aurait été possible autrement. Mais à quel coût pour eux-mêmes et pour l’économie mondiale ? Avec leur maison, des millions de gens vont perdre les économies de toute une vie. Et les saisies dans l’immobilier ont entraîné un ralentissement mondial de l’activité. Il y a consensus quant aux prévisions : le ralentissement sera général et de longue durée.
De même, les marchés ne nous ont pas préparés à la hausse du prix du pétrole et de l’alimentation. Le problème de fond est que la rhétorique du marché est brandie de manière sélective : elle est revendiquée quand elle sert des intérêts particuliers et rejetée quand ce n’est pas le cas.
L’un des rares éléments que l’on peut mettre au crédit de George W. Bush est d’avoir réduit le fossé entre la rhétorique et la réalité, et cela comparé à Ronald Reagan qui, malgré tous ses discours en faveur de la liberté des marchés, avait imposé en toute liberté des restrictions commerciales, notamment la fameuse limitation « volontaire » à l’exportation des voitures japonaises.
La politique de George Bush a été pire, mais son outrecuidance à servir ouvertement le complexe militaro-industriel américain est bien plus apparente. L’administration Bush a pris une seule fois une mesure en faveur de l’environnement ; c’était avec les subventions en faveur de l’éthanol, dont l’intérêt écologique est douteux.
Ce mélange de rhétorique en faveur de l’ouverture des marchés et d’intervention gouvernementale a été particulièrement nuisible aux pays en développement. On leur a dit de ne plus intervenir dans l’agriculture, ce qui revenait à mettre en danger leurs paysans face à la concurrence irrésistible des Etats-Unis et de l’Europe. Leurs agriculteurs auraient peut-être pu concurrencer ceux du Nord, mais ils ne pouvaient concurrencer leurs subventions. Aussi les pays en développement ont-ils moins investi dans l’agriculture, et le fossé alimentaire s’est élargi.
Autrement dit, dans un monde d’abondance, des millions de gens dans les pays en développement ne peuvent toujours pas bénéficier du minimum nutritionnel. Dans beaucoup de ces pays, l’augmentation du coût de l’alimentation et de l’énergie aura des effets désastreux pour les plus démunis, car ces deux postes représentent une grande partie de leur dépense.
La colère dans le monde est palpable. Il n’est pas étonnant que les spéculateurs soient les premiers visés. Ils rétorquent qu’ils ne sont pas la cause du problème : « Nous sommes simplement à la recherche du juste prix. » Ce qui veut dire qu’ils ont découvert que l’offre est insuffisante.
Mais leur réponse manque de franchise. S’ils s’attendent à une hausse des prix et à une volatilité du marché, des centaines de millions d’agriculteurs vont prendre des précautions. Ils gagneront davantage s’ils font des stocks qu’ils écouleront plus tard. S’ils n’agissent pas ainsi, ils ne pourront pas se rattraper l’année prochaine si la récolte est moins abondante. Quelques grains retirés du marché par des centaines de millions d’agriculteurs un peu partout sur la planète finissent par représenter une quantité appréciable.
Les défenseurs du fondamentalisme de marché veulent faire porter la responsabilité de l’échec du marché, non à l’économie de marché mais au gouvernement. Un haut responsable chinois aurait déclaré que le problème tenait à ce que, face à la crise de l’immobilier, le gouvernement américain n’a pas fait assez pour venir en aide aux populations les moins fortunées. Je suis d’accord avec lui, mais cela ne change pas la réalité : les banques américaines ont mal géré les risques, et cela à une échelle colossale, avec des conséquences mondiales, tandis que les dirigeants de ces institutions sont partis avec des milliards de dollars d’indemnité.
Il y a aujourd’hui découplage total entre les bénéfices sociaux et les intérêts privés. S’ils ne sont pas soigneusement couplés, l’économie de marché ne peut fonctionner de manière satisfaisante.
Le fondamentalisme néolibéral est une doctrine politique au service d’intérêts privés, il ne repose pas sur une théorie économique. Il est maintenant évident qu’il ne repose pas non plus sur une expérience historique. Cette leçon est le seul bénéfice à tirer de la menace qui pèse sur l’économie mondiale.
JOSEPH E. STIGLITZ, prix Nobel d’économie 2001, est professeur à l’université Columbia (New York

John Maynard Keynes (1883-1946)

John Maynard Keynes (1883-1946)

John Maynard Keynes, qui a révolutionné l’économie est un pur produit de Cambridge. Il a fréquenté l’élite intellectuelle de cette ville universitaire dès son plus jeune âge. Passionné par la politique, il a pris position sur les dossiers chauds de son temps, notamment en tant que journaliste, mais aussi en tant qu’acteur de la vie économique et politique. Il quitte momentanément l’enseignement à Cambridge pour travailler au Trésor britannique qu’il représente à la conférence de la Paix à Versailles. Formellement opposé aux réparations de guerre que le traité de 1919 impose aux Allemands, il les dénonce dans son pamphlet Les conséquences économiques de la paix (1919). Il démissionne alors du Trésor britannique et revient à Cambridge.
C’est dans le contexte de la crise économique des années 30 qu’il rédige son oeuvre fondamentale  » La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) ».

Mais c’est pendant la guerre, sous le gouvernement de Winston Churchill, que Keynes atteint le sommet de son influence.

Ainsi, en 1944, à la conférence de Bretton Woods qui crée le Fonds monétaire international (FMI), il est l’un des principaux architectes du système monétaire international de l’après-guerre.

S’il fallait résumer la pensée de celui qui a le plus marqué la réflexion économique du XXe siècle, ce pourrait être : « Oui, le marché engendre du chômage involontaire. »

Dans son grand oeuvre – La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie –, Keynes avance deux types d’explication possibles pour rendre compte de cette tendance du capitalisme à fonctionner en deçà de ses potentialités :

– une explication radicale, fondée sur l’incertitude du futur, qui pousse les hommes d’affaires à faire montre de prudence et, du coup, à investir moins qu’ils ne le devraient ;

– une explication plus traditionnelle, fondée sur le fait que toute insuffisance initiale de la demande tend à engendrer un cercle vicieux : moins de demande, donc moins de débouchés, donc moins de production, donc moins de salaires, donc moins de demande…
Alors que la deuxième analyse débouche sur une politique économique visant à regonfler la demande défaillante, la première passe par des institutions et des règles capables de réduire l’incertitude de l’avenir.


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