Définition de la formation brute de capital fixe (FBCF)

La FBCF est un indicateur issu de la comptabilité nationale française. Cet agrégat ( la FBCF est le résultat de la somme de différents éléments) mesure le flux annuel d’investissements réalisés dans le pays. La FBCF est donc la somme des investissements, essentiellement matériels, réalisés pendant l’année sur le territoire français.

Sur le plan économique, l’investissement matériel est l’achat de biens durables permettant d’augmenter le stock de capital de l’entreprise. Il consiste souvent en l’achat de machines ou de bâtiments, ces machines et ces bâtiments ayant pour objet de contribuer à  la production de biens et services. Les achats d’habitations sont des investissements car, par exemple, un appartement permet de produire un service, celui du logement.

Depuis quelques années, la FBCF intègre certains investissements immatériels, essentiellement les dépenses liées à  l’achat de logiciels. Mais les autres investissements immatériels, comme les dépenses de recherche-développement, celles de formation continue ou celles de publicité, restent comptabilisés comme des dépenses de consommations intermédiaires.

Enfin, la FBCF est brute  car on y inclut les dépenses de renouvellement d’équipement (ou amortissement) qui ne sont pas à  proprement parler des investissements (puisqu’elles ne contribuent pas à  accroître le stock de capital mais simplement à  le maintenir à  son niveau en renouvelant le matériel usagé). La FBCF, qui est un indicateur permettant de mesurer, au moins approximativement, l’investissement, est évidemment très souvent utilisée par les économistes pour évaluer la bonne santé d’une économie : un fort taux d’investissement (qui prend en compte à  son numérateur la FBCF) est souvent recherché, de même une FBCF qui s’accroît rapidement laisse penser que la croissance va être rapide. Il faudrait donc que cet indicateur soit de bonne qualité et mesure correctement l’effort d’investissement d’un pays. Ce n’est pas vraiment le cas : du fait de la progression rapide des investissements immatériels, très mal pris en compte par la FBCF, l’investissement réel est sous-estimé si l’on utilise seulement la FBCF et le taux d’investissement qu’elle permet de calculer. Il faut donc toujours essayer d’ajouter à  la FBCF d’autres indicateurs de l’investissement immatériel.

Pour pouvoir parler de l’évolution au cours du temps de la FBCF, il est nécessaire d’utiliser des montants corrigés de l’inflation, c’est-à -dire ce que l’on appelle des valeurs réelles ou à  prix constants. C’est à  peu près toujours ce que vous trouverez.

Que montrent ces statistiques ? Si l’on prend l’exemple de la France, vous verrez que le montant de la FBCF est très lié aux mouvements conjoncturels de l’économie : quand la croissance est rapide, la FBCF augmente vite et inversement. Cela signifie à  la fois que la croissance est pour une part importante générée par la demande d’investissement, et également que, quand la croissance est forte, les chefs d’entreprise sont incités davantage à  augmenter leurs investissements. Les variations de la FBCF sont donc un élément important de l’analyse de la conjoncture économique. C’est d’ailleurs aussi pourquoi vous trouverez rarement le montant de la FBCF mais beaucoup plus souvent sa variation relative annuelle (en %, donc).

La FBCF est elle-même un indicateur. Donnons quelques chiffres pour préciser un peu les ordres de grandeur : en 2003, la FBCF s’est élevée en France à  298.7 milliards d’euros, ce qui représente 19.2% du PIB ; en 2005, la FBCF s’est élevée à  336.6 milliards d’euros, ce qui représentait 19.7% du PIB; Ce sont les entreprises et les entrepreneurs individuels qui en réalisent la majorité, 55% environ, mais il ne faut pas oublier les ménages, qui en réalisent à  peu près 18% en achetant des logements, et les Administrations publiques qui réalisent le reste (27% environ).

  • Ne confondez pas FBCF et investissement des entreprises : celui-ci, appelé également investissement productif, n’est qu’une partie de l’effort d’investissement d’une nation. Les ménages et les administrations publiques contribuent à  côté des entreprises à  l’investissement, pour une proportion non négligeable. Il ne faut donc pas oublier ces deux agents. Et une partie des investissements des entreprises sont des investissements immatériels, non comptabilisés dans la FBCF.
  • La FBCF est un montant (en milliards d’euros, par exemple), le taux d’investissement est un rapport qui donne la proportion de la FBCF dans le PIB. Il ne faut pas confondre les deux.
  • Enfin, on a rarement une série statistique présentant les montants de la FBCF, même en valeur réelle (c’est-à -dire corrigée de l’inflation). On trouve le plus souvent un tableau présentant le taux de variation annuel (en %) de la FBCF. Attention alors à  la formulation : on ne peut pas dire  la FBCF est de 3% en telle année, ce qui n’aurait aucun sens ; on doit dire « au cours de telle année, la FBCF a augmenté de 3% ». De même, il ne faut pas confondre la variation annuelle de la FBCF et le taux d’investissement : si la FBCF peut augmenter de 3% une année donnée, cela ne signifie heureusement pas que le taux d’investissement est de 3%, ce qui serait très faible (en 2005 en France, le taux d’investissement était de près de 20%).
Vous trouverez sur le site de l’Insee (http://www.insee.fr ) des données statistiques sur la FBCF. 

0 commentaires à “Définition de la formation brute de capital fixe (FBCF)”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire


Catégories


xtraffiliation |
conseil-vietnam |
La qualité dans l'entreprise |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | accroitre vos revenus sur l...
| ETABLISSEMENT SAME.
| biblio intelligence économique