+ M Exercice :Pfizer, croissance externe, crise, licenciements(en construction)

[Les Echos 27/01/09 ]
Le numéro un mondial de la pharmacie doit compenser la chute attendue de ses ventes, menacées par les médicaments génériques. L’opération va permettre d’économiser 4 milliards de dollars par an, mais au prix d’une réduction des effectifs de 15 % et de la fermeture de 5 usines. Le nouvel ensemble représentera un chiffre d’affaires combiné de 71,3 milliards.

Traitement d’urgence pour Pfizer. Confronté à la chute annoncée de son chiffre d’affaires à court terme en raison de la menace que font peser les génériques sur certains de ses médicaments vedettes, le géant américain de la pharmacie a confirmé hier l’acquisition de son compatriote Wyeth pour 68 milliards de dollars (52,3 milliards d’euros). Une transaction réalisée en numéraire (22,5 milliards de dollars), en actions (23 milliards) et par endettement. Car, en dépit des difficultés actuelles des marchés financiers, le numéro un mondial du secteur est parvenu à convaincre cinq grandes banques de lui prêter de l’argent. Bank of America, Barclays, Citigroup, Goldman Sachs et JP Morgan contribueront à l’opération à hauteur de 22,5 milliards de dollars. La Bourse n’a cependant pas apprécié : l’action perdait près de 9,7 % en début d’après-midi à New York.
Le nouvel ensemble représentera un chiffre d’affaires combiné de 71,3 milliards (48,3 issus de Pfizer et 23 provenant de Wyeth), employant 129.500 salariés (81.900 de Pfizer et 47.600 de Wyeth). « L’opération permet de régler le problème de la perte de brevet du Lipitor », se félicite Jeffrey B. Kindler, le patron de Pfizer depuis 2006. Cet anticholestérol vedette du groupe, vendu en France sous la marque Tahor, perdra son exclusivité en 2011. Or, à lui seul, il représente le quart des ventes annuelles de Pfizer. « Ce rapprochement est dicté par l’urgence, et Jeffrey Kindler n’avait pas le choix. Il aurait été pire de ne rien faire. Et Wyeth présente finalement la meilleure complémentarité, avec une présence dans les vaccins, les biotechnologies, et un pipeline de produits prometteurs », analyse Alain Gilbert, du cabinet de conseil Bionest Partners.
Peu de problèmes de doublons

En prenant le contrôle du neuvième laboratoire mondial, Pfizer met la main sur le vaccin le plus vendu au monde, le Prevenar, contre le pneumocoque (2,5 milliards de dollars de ventes en 2007), dont une version plus complète, le Prevenar-13 doit être mis sur le marché cette année. Dans les biotechnologies, il accède à l’Enbrel, contre la polyarthrite rhumatoïde et le psoriasis (environ 3 milliards de dollars de ventes l’an dernier). Quant aux produits en développement, ils comprennent notamment deux molécules destinées au traitement de la maladie d’Alzheimer, un secteur dans lequel Wyeth mène actuellement pas moins de 12 programmes de recherche.
Techniquement, la fusion doit être effective à la fin du troisième trimestre au plus tôt, ou au cours des trois derniers mois de l’année au plus tard. « Le rapprochement ne pose que très peu de problèmes de doublons, sauf dans la santé animale. Il est très probable qu’il obtienne le feu vert des autorités de la concurrence », relèvent les analystes de Citigroup. En fait, les problèmes vont se poser à plus long terme. Tout d’abord, parce que Wyeth n’est lui-même pas épargné par la concurrence des génériques. Son médicament vedette, l’antidépresseur Effexor, qui a représenté 3 milliards de dollars de ventes sur les neuf premiers mois de 2008, a perdu son brevet en décembre. Ensuite, parce que Jeffrey Kindler ne mène pas une politique très différente de son prédécesseur, Hank McKinnell, qui avait conduit à l’achat de Warner-Lambert en 2000 et de Pharmacia en 2002.
Pertes de brevet du Zyrtec

« A moyen terme, des géants de la taille de Pfizer-Wyeth seront très peu flexibles et davantage à risque. Leur capacité d’innovation ne sera pas renforcée et ils continueront à être considérablement fragilisés en ayant insuffisamment investi dans des technologies de rupture », prévoit Claude Allary, associé chez Bionest, qui évoque également la casse sociale. L’opération doit permettre d’économiser 4 milliards de dollars par an, mais au prix notamment d’une réduction de 15 % des effectifs, et de la fermeture de 5 usines sur 46.
L’annonce de la fusion a occulté les résultats de Pfizer, dont la publication a été avancée de deux jours. Sur le quatrième trimestre 2008, le résultat net est en chute libre de 90 %, à 266 millions de dollars, en raison d’une charge de 2,3 milliards de dollars liée au règlement du contentieux sur l’anti-inflammatoire Bextra. Quant au chiffre d’affaires, en recul de 4 %, à 12,3 milliards, il a pâti des pertes de brevet de l’antiallergique Zyrtec et de l’anticancéreux Campostar aux Etats-Unis, et de l’antihypertenseur Norvasc en Corée et au Japon. Sur l’ensemble de l’exercice écoulé, le chiffre d’affaires a stagné tout comme les profits, à 8,1 milliards de dollars.
LAURENCE BOLLACK

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