L’élasticité

De manière générale, l’élasticité est la qualité d’un objet à être déformable tout en reprenant sa forme d’origine lorsque la contrainte qu’on lui applique disparait.
L’élasticité a des significations dans deux domaines différents : l’économie et la physique.
L’élasticité de la demande est un concept économique qui permet de mesurer le degré de sensibilité de la demande aux variations de prix (« élasticité-prix ») ou des revenus (« élasticité-revenu »).
Élasticité-prix

L’élasticité-prix est définie comme le rapport entre la variation relative de la demande d’un bien et la variation relative du prix de ce bien. Ce rapport est généralement négatif car lorsque le prix augmente, la quantité demandée diminue et réciproquement. (Q = Quantité, P = Prix)
.
On peut distinguer trois cas particuliers :
Quand l’élasticité est nulle, la demande ne varie pas quand le prix varie. La demande reste inchangée quel que soit le prix. C’est notamment le cas des produits de première nécessité : bien que le prix augmente, la consommation se maintient car il existe peu de produits de substitution. Lorsque le prix baisse, la demande n’augmente pas nécessairement. L’effet peut être accentué s’il n’existe pas de produit de substitution (exemple : les pâtes remplacées par le riz ou la pomme-de-terre). Une élasticité nulle à court terme peut toutefois s’avérer non nulle à long terme, car l’augmentation des prix peut pousser à la recherche de nouveaux produits de substitution. Le pétrole, par exemple, est un bien non substituable à court terme mais, sur le long terme, l’augmentation de son prix peut favoriser l’exploitation de nouvelles sources d’énergie.
Quand l’élasticité est forte, un petit changement de prix entraîne un grand changement de demande. C’est par exemple le cas des produits de mode dont les ventes s’effondrent en période de crise et décuplent en période de croissance.
Quand l’élasticité est positive, la demande augmente avec le prix, ce qui est paradoxal. On peut alors distinguer deux types :
Un bien de Giffen (d’après Robert Giffen) est un type de bien de première nécessité (exemple : le pain) ; lorsque son prix augmente, cela réduit assez fortement le pouvoir d’achat des consommateurs pour les forcer, pour équilibrer leur budget, à renoncer à d’autres biens de substitution plus coûteux (ex : la viande) et à reporter leur demande sur le premier produit.
Un bien de Veblen (d’après Thorstein Veblen) est un type de bien de luxe (ex : le parfum) ; lorsqu’il n’est « pas assez cher » (c’est-à-dire que son prix ne reflète pas son positionnement haut de gamme) sa demande est faible (soit car la qualité perçue est inférieure, soit parce qu’il n’est plus un symbole de statut). Lorsque son prix augmente, sa demande augmente aussi et on parle alors d’effet Veblen ou d’effet de démonstration.
Les économistes définissent également la notion d’élasticité-prix croisée. Elle se définit comme le rapport entre le pourcentage de variation de la quantité demandée de bien A et le pourcentage de variation du prix d’un bien B. Les biens A et B étant des biens dit de substitution ou des biens dit complémentaires.
Une élasticité croisée positive signifie que l’augmentation du prix d’un bien entraîne l’augmentation de la demande d’un autre bien. Les deux biens sont donc substituables. Par exemple, l’augmentation du prix du ticket de cinéma augmente la demande en lecteur DVD.
Une élasticité croisée négative signifie que l’augmentation du prix d’un bien entraîne la diminution de la demande d’un autre bien. Les deux biens sont alors dits complémentaires. Par exemple, l’augmentation des prix des lecteurs DVD entraîne une diminution de la demande de DVD.
Une élasticité croisée nulle signifie que les deux biens sont indépendants.
Il faut ajouter que la notion d’élasticité-prix croisée est particulièrement utile en matière de politique de la concurrence. Pour déterminer l’étendue d’un marché et déterminer si une entreprise est en situation d’abus de position dominante, il est en effet nécessaire de voir jusqu’à quel point différents produits sont substituables (ex. Coca et Pepsi). La notion d’élasticité prix croisée est alors utile pour déterminer si deux biens appartiennent au même marché, et si les autorités de la concurrence doivent déclencher une action.
Élasticité-revenu [modifier]

L’élasticité de la demande par rapport au revenu est définie comme le rapport entre le pourcentage de variation de la demande d’un bien et le pourcentage de variation du revenu. Elle mesure l’impact d’une variation du revenu d’un consommateur sur sa demande pour un bien particulier.
Comme tous les biens n’ont pas la même élasticité-revenu, l’augmentation du revenu change la structure de la consommation. On peut distinguer trois catégories de biens :
les biens inférieurs : la demande d’un consommateur en ce bien diminue quand son revenu augmente (élasticité-revenu négative). Il s’agit de biens de mauvaise qualité auxquels les consommateurs préfèrent substituer de nouveaux biens lorsque leur revenu le permet. C’est le cas de certains produits alimentaires tels que le pain ou les pommes de terre.
les biens normaux : la demande d’un consommateur en ce bien augmente quand son revenu augmente dans une proportion inférieure ou égale à 1 (élasticité-revenu comprise entre 0 et 1). On parle également de biens nécessaires. C’est le cas de la nourriture (prise dans son ensemble).
les biens supérieurs ou biens de luxe : la demande d’un consommateur en ce bien augmente de façon plus rapide que son revenu (élasticité-revenu strictement supérieure à 1). C’est le cas des biens culturels.
Cette classification a été définie pour la première fois par Ernst Engel.

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